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La technique de l'aquarelle

La peinture à l'aquarelle et sa technique particulière.
Yvo Jacquier © Artiste peintre contemporain


Avertissement

Ce paragraphe s'adresse plus spécialement à ceux qui pratiquent l'aquarelle ou désirent s'en faire une idée plus précise. Le petit exposé qui suit n'a pas pour but d'être exhaustif; cependant il risque de paraître fastidieux au non initiés.


Principes techniques

« Sirène » : c'est un symbole, une façon de résumer des idées par l'abstraction. « Sirène » : le résultat d'une abstraction picturale.
« L'aquarelle est un pigment que l'on dilue dans de l'eau ». S'il est bon de se rappeler ce fondamental, il s'avère réducteur, voire précaire.Une sirene s'est posee entre l'eau du pinceau et son nuage d'aquarelle. En effet, le papier qui sert de support, son hygrométrie, le pinceau qui tient la couleur en suspens jouent un rôle déterminant. Le poil de martre et le papier pur chiffon ont un comportement particulier et l'aquarelliste ne saurait l'ignorer.

Les querelles de genre doivent être séparées des "réalités mécaniques". L'inspiration et ses choix d'expression réclament, pour se traduire, une connaissance minimum des réactions du fameux pigment. Selon l' art avec lequel on le pose sur le papier, il ne produira pas du tout le même effet.


Les papiers

Le choix du papier est la première étape. Épais, il sera confortable sur le terrain, mais difficile à imbiber. Plus léger, il permettra la trempe et les effets de "sfumati" si appréciés du public. Gaufré ou grainé, il donnera de la texture à la couleur mais obligera à plus de maîtrise dans le trait.

Certains tendent leur support en le scotchant sur une planche après l'avoir humidifié. D'autres se contentent de l'épingler. Dans mon atelier, une table lui est spécialement consacrée. Un évier aux larges dimensions vient compléter l'équipement. Plusieurs dessertes sur roulettes permettent un accès facile et rapide à tout le reste du matériel. La vélocité est déterminante.

Les pinceaux

Les pinceaux sont de tous poils: martre, mangouste, putois, oreille de boeuf et petit gris - écureuil, selon le travail et surtout: selon l'humeur. Je ne livrerai qu'un secret: le choix du pinceau permet de me tempérer. Si je suis nerveux, je choisirai un pinceau doux. Si je suis en petite forme, la mangouste réveillera mes ardeurs... Cette confidence n'est évidemment pas gratuite: l'aquarelle est une formidable école d'équilibre.

Les matières, les gouaches, les encres

La lumière du tableau doit sortir du fond et caresser chaque couleur du tableau. La lumière caresse chaque couleur du tableau.
Là encore il y a lieu de tempérer les affirmations lapidaires, comme cet interdit : ne pas "mélanger les gouaches et les aquarelles". Une gouache extrafine travaillée façon aquarelle est plus vraie qu'une aquarelle qui ne tient pas compte de l'eau. Un contour bien maîtrisé, à la gouache claire, vaut toute réserve au liquide de masquage. Le même interdit plane injustement sur l'encre, dont je n'ai jamais tenu compte: le mélange des matières produit des effets qui enrichissent le vocabulaire des sensations, sans compromettre la façon de servir la lumière.

L'eau

Je ne sais pas si elle a de la mémoire, mais je me souviens d'avoir pendant un temps acheté de l'eau de source en bouteille pour échapper au pire. Les couleurs devenaient folles avec l'eau du quartier. J'ai déménagé peu après, et à deux kimomètres de là le problème avait disparu. Se lancer dans une analyse chimique du pourquoi et du comment ne me paraît pas indispensable. Il faut juste retenir que l'eau n'est pas la même partout sous prétexte qu'elle sort du même type de robinet.

Les marques d'aquarelle

Les différences de qualité sont flagrantes selon les marques. L'idée de confectionner ses couleurs soi-même offre cependant des garanties inégalables. Leur résultat esthétique peut être pérenne si les recettes sont justes et bien appliquées.

La mise en oeuvre

Les quatre composantes de l'aquarelle sont l'eau comme médium, la matière comme corrélat de la couleur, le pinceau comme vecteur du geste et le papier comme support. La mise en mouvement de ces composantes ne cesse qu'au séchage définitif : la phase de séchage fait partie intégrante du processus. La plupart des manuels oublient le geste, c'est à dire le peintre !

Résumé du processus

Le pinceau fait vivre la couleur dans l'eau qui, en séchant, dépose la couleur sur le papier.

Textes parallèles :

L’AQUARELLE
L'histoire de l'aquarelle
L'aquarelle et la lumière
Ses différents usages

TECHNIQUE DE L’AQUARELLE
Avertissement
Principes techniques
Papiers, pinceaux, matières, eau…

DIFFÉRENTES APPROCHES
L'eau et l'aquarelle
L'aquarelle classique
L'aquarelle sur papier humide
Le bleu Jacquier

AQUARELLE ET HUILE
Leurs rapports sulfureux
L'aquarelliste et la lumière

AQUARELLE ET COULEUR
Fabrication de la couleur
Les couleurs dans l'aquarelle
Le spectre des couleurs
La couleur et la matière

Compléments :

LES AQUARELLES
Les oeuvres de Yvo Jacquier

DESSINS AQUARELLÉS
Les oeuvres de Yvo Jacquier