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Le mécénat d'entreprise

Par le mécénat, l'entreprise nourrit son image de peinture contemporaine et d'art.
Yvo Jacquier © Artiste peintre contemporain


Le mécénat

Le mécénat d'entreprise peut être pratiqué "en direct", ou être confié à une structure - une fondation par exemple. Cela dépend de la taille des budgets, et de la politique qui les accompagne. Une opération ponctuelle pour décorer les bureaux n'a pas le même sens qu'une action permanente qui vise à constituer une collection d'art contemporain - de peintures contemporaines, par exemple - surtout si elle est visitable par le public.


L'art pour l'entreprise : communication ?

Qu'apporte l'artiste à l'univers entrepreneurial, dans le cadre d'un projet ? D'abord, il s'agit de poser la peinture contemporaine comme un objet communicant. Cela vaut pour les autres arts, mais la peinture est un 'visuel en deux dimensions'. Cet aspect peut s'intégrer à une stratégie managériale par sa dimension sociale. Ce but peut être vécu soit comme une contrainte privative de liberté, soit comme un défi. Si l'art a un sens, pourquoi n'essaierait-il pas de donner du sens à l'intérieur de l'entreprise ?

La discussion portera ensuite sur le cahier des charges. Il faut préciser des objectifs. L'art, confronté à sa dimension sociale, peut aussi bien tomber dans la représentation que dans le politique. On peut admettre que ce sont des écueils d'une autre époque : des époques où justement le mécénat était la seule composante du marché de l'art !

L'entreprise prend tous les jours le risque de la création. C'est pour elle une question de survie. Elle en connaît tous les aspects. De son côté, par l'expérience du partenariat avec l'entreprise, l'artiste contemporain relève le défi d'une autre intégration dans la société.


Le retour sur investissement du mécénat

Les retombées d'un tel partenariat sont multiples.
D'abord, les objets d'art s'intègrent dans un environnement qui souligne leur valeur de communication. Il s'en suit une valorisation de cet environnement, un "chargement" du statut des oeuvres. Elles sont détachables du lieu pour lequel elles ont été conçues, et même négociables, mais dans ce lieu précis elles prennent un statut particulier.

Ensuite, les gens qui occupent le lieu, et ceux qui ne font qu'y passer, sont influencés par la présence de ces oeuvres. Cette influence peut être reliée à une consultation préalable, voire à une implication du personnel dans le projet, ou se faire simplement par la simple confrontation du 'regardeur' et du 'regardé'.

Le rayonnement de l'entreprise et son regard sur elle-même en sont transformés. La motivation est longtemps restée un concept réservé à une élite. Cette réalité humaine intègre de plus en plus le discours de l'entreprise. Un environnement sans culture est moins valorisant pour les personnes, donc pour le travail.

Une opération de partenariat réussie va générer de la presse, des publications et de la communication, qui vont projeter une certaine image de l'entreprise mécène. Une sorte de distinction, l'affirmation d'une différence ou d'une particularité, vont combattre l'effet de banalisation dont est souvent victime la société économique.

Sur le plan interne, le projet va susciter l'intérêt, l'attention des travailleurs de l'entreprise. L'ambiance générale en subira les bienfaits. C'est une fenêtre ouverte, où les gens peuvent voir autre chose que leur quotidien. Une relation privilégiée s'établira avec les artistes contemporains, qui offrira aux membres de l'entreprise l'occasion d'un autre monde... À l'époque de la mondialisation.

Enfin, les oeuvres elles même ont une valeur marchande, qui ne peut que bénéficier de la référence de l'entreprise, autant que bonifier ses acquis. Conçue pour un emplacement, la peinture contemporaine se révèle placement, investissement à long terme. Point capital au cahier des charges : la délocalisation de certaines oeuvres, qu'elles soient détachables de leur contexte.


Mécénat et sponsoring - Compétition

Le partenariat de l'industrie avec des équipes de sport - voile, foot, cyclisme ou formule 1, préfère le terme de sponsoring. Dans ce cas le retour sur investissement repose entièrement sur l'induction médiatique des résultats sportifs. On ne parle quasiment que des vainqueurs. L'art échappe à cette appréciation, capricieuse en terme de gestion.

D'autre part, le sponsoring ne constitue aucun capital réel : il n'y a pas d'oeuvres sportives. Les entreprises qui bénéficient au mieux du sponsoring sont celles dont les produits ont un rapport direct avec le sport où elles investissent.

Le sport moderne parle de chronomètre, l'art contemporain parle de temps. Le sponsoring cherche l'évènementiel, tandis que le mécénat cherche une sorte de développement durable, culturel.

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