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L'aquarelle et la couleur

La couleur est un challenge pour l'aquarelle.
Yvo Jacquier © Artiste peintre contemporain


Fabrication de la couleur

L'aquarelle est un mélange de pigments (couleur), et de gomme arabique (liant). Les éléments colorés sont broyés avec une extrême finesse pour permettre les effets de transparence particulières à cette technique. Qu'elle se présente en tube ou dans son godet, la couleur de l'aquarelle est aussi une matière. Elle a son épaisseur, sa consistance, pas seulement une réalité chromatique.

La teinte peut être séparée de la couleur si on décide de travailler avec les pigments purs. Le résultat reste aussi capricieux que provisoire : le pigment a besoin d'être fixé pour devenir couleur, sinon il n'est que poussière. Certains pigments acceptent mal l'eau, ils sont couleurs avec le liant.


Les couleurs dans l'aquarelle

La couleur est une préoccupation essentielle pour le peintre. Il y a lieu de lui consacrer plusieurs pages pour en aborder les aspects chromatiques, les accords objectifs et les réactions chimico-physiques. Ici ne sont traitées que les particularités propres à l'aquarelle.

« Nocturne » : des musiciens de jazz sur un bleu monestial. « Nocturne » : des musiciens de jazz sur un bleu monestial.
À l'aquarelle, la couleur doit négocier une place particulière avec la lumière du papier. En effet, les couleurs de l'aquarelle ne peuvent être détachées de la lumière qui les habite. Le clair - terme plus juste que le blanc, est donné par l'apparition du papier à travers le voile que forme la couleur. Rajouter de la couleur est synonyme d'assombrir.

En cela, la couleur de l'aquarelle ne fonctionne pas comme celle des autres peintures. La peinture à l'huile peut rehausser de clair, par exemple de blanc et de jaune, toute zone dont la valeur est trop sombre, lui redonner de la lumière et en plusieurs couches plus ou moins translucides, et revivifier son aspect. Ce genre de repentir est exclus à l'aquarelle. Il n'y a rien d'étonnant à constater que cette pratique n'intéresse que des artistes qui s'y consacrent presque exclusivement : c'est une façon de penser où la lumière a toujours sa place.


Le spectre des couleurs

Les pigments utilisés sont les mêmes qu'à la peinture à l'huile et l'acrylique de qualité extra fine. Du fait de l'absence du blanc, les nuanciers divergent rapidement. Les couleurs deviennent vite acides au lieu de devenir laiteuses. Une grande place sera faite aux couleurs de terre dont la principale qualité est de réchauffer les teintes, comme pour les rassurer. Bien des bleus et des verts gagneront à s'y mélanger pour éviter de tomber dans l'artificiel ou la vulgarité.

Néanmoins, aucune couleur n'est à exclure en soi. Les couleurs fonctionnent essentiellement par leur accord. Un vert pomme paraîtra présomptueux dans tel cas, mais s'en sortira avec panache dans tel autre, notamment par le jeu des complémentaires.

La place du noir est aussi controversée qu'à l'huile... Le noir de lampe m'a paru plus d'une fois bien utile.


La couleur et la matière

Pour être définitivement libre, la couleur de l'aquarelle est indissolublement liée aux autres composantes que sont la lumière du papier et les apports d'autres matières.

Comme nous l'avons déjà évoqué, le mélange des matières enrichit leur vocabulaire initial. Pourvu que l'on respecte la lumière, l'aquarelle gagne à sortir de ses habitudes. C'est particulièrement vrai pour les oeuvres qui, sans cet apport providentiel manqueraient de contraste ou de profondeur : La matière se fait l'alliée des formes dont le but n'est pas forcément "de construire un lointain derrière un piquet", par exemple.

Les encres auront tendance à fracturer la couleur au contraire des gouaches qui évoqueront le pastel.


La force de la couleur

« Composition rouge » : un rouge vif au fond d'une scène musicale. « Composition rouge » : un rouge vif au fond d'une scène musicale.
Par couleur aquarelle, le sens commun sous entend une certaine fadeur. C'est une contre vérité. Les rouges de l'aquarelle, quand ils sont maîtrisés, n'ont rien à envier à ceux de la peinture à l'huile. La gamme des bleus est certes plus capricieuse, mais celle des jaunes est équivalente. En tout cas, vingt ans de pratique quotidienne n'en ont pas fait le tour...

Textes parallèles :

L’AQUARELLE
L'histoire de l'aquarelle
L'aquarelle et la lumière
Ses différents usages

TECHNIQUE DE L’AQUARELLE
Avertissement
Principes techniques
Papiers, pinceaux, matières, eau…

DIFFÉRENTES APPROCHES
L'eau et l'aquarelle
L'aquarelle classique
L'aquarelle sur papier humide
Le bleu Jacquier

AQUARELLE ET HUILE
Leurs rapports sulfureux
L'aquarelliste et la lumière

AQUARELLE ET COULEUR
Fabrication de la couleur
Les couleurs dans l'aquarelle
Le spectre des couleurs
La couleur et la matière

Compléments :

LES AQUARELLES
Les oeuvres de Yvo Jacquier

DESSINS AQUARELLÉS
Les oeuvres de Yvo Jacquier